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vendredi 18 février 2011

Peut-on rêver de tout avoir?

Peut-on rêver de tout avoir? Qui n'en a jamais fait le souhait? Nous désirons sans cesse ce que nous n’avons pas, et aussi ce que nous ne pouvons pas avoir.

Si seulement je pouvais avoir tout ce dont je rêve? Serait-ce le véritable bonheur? Je fais les marchés et parfois je me dis le matin en déballant, que c'est un métier bien difficile! Bien fatiguant...et si je pouvais en un simple claquement de doigt, accéder à tout ce que je veux! Dans quelle mesure l’accomplissement de tous mes désirs peut-il me rendre heureuse?


La vie rêvée de Monsieur René, de Léo Timmers!

Un nouvel album plein d’audace et toujours très graphique de Leo Timmers. À travers un personnage qui a le pouvoir d’obtenir tout ce qu’il désire.

Si ma volonté se porte sur des objets indéfinis, ou en tout cas qui dépendent de moi, alors le risque de l'insatisfaction se fait menaçant dès lors que la volonté, infinie, est censée avoir été nourrie. Car en réalité, une fois le désir accomplie, la volonté trouve (et ce indéfiniment) un autre objet qu'elle vise comme plus apte à la contenter. Le désir, semble donc refuser la satisfaction, puisque à peine assouvi, il s'empresse de renaître.

L’homme vit dans une telle immersion dans le monde de la consommation qu’il a bien du mal à voir ce qu’elle est. Ce livre quelque part est aussi une critique de notre société de consommation.

C'est une société d’abondance, avec sa profusion de nourriture sur les présentoirs...ce qui suggère en permanence d’avoir des désirs. Dans la consommation, devant l’objet, je ne me contente pas de percevoir pour percevoir. Le plaisir que j’éprouve déjà à l’idée que je vais consommer ces fruits est lié au désir et il y a un plaisir de désirer en sachant que le désir sera comblé.

Monsieur René est un chien plein de talent : ses toiles sont saisissantes de réalité. Pourtant, sur le marché, personne ne s’intéresse aux tableaux. Un jour, un homme fait une proposition extraordinaire à l’artiste : désormais, tout ce qu’il peindra surgira en trois dimensions de ses tableaux.

Quand est-il des tableaux de Monsieur René? Une œuvre qui est belle n’est pas un excitant conditionnel pour une consommation. Il y a cette donation de présence de l’œuvre, et cette qualité particulière d’émotion, cette qualité par laquelle je me sens comme fasciné, sous le charme et dans laquelle, justement, je n’éprouve plus de désir. Je ne fais pas une expérience liée au désir ou à la satisfaction vitale. Il n’y a pas la montée du désir, la consommation et la satiété. Le plaisir survient tout entier, reste immobile aussi longtemps que je suis tourné vers l’œuvre et sous son charme. Et c'est ce qui se produit à la fin du livre. Tout le monde sur le marché, ses amis, ses clients, ébahis devant son tableaux, sous le charme et heureux.

Et finalement, si le bonheur ne résidait pas dans cette quête du "tout, tout de suite", de la surproduction, mais dans des instants plus simples...des choses de la vie, qui nous font nous dire, que finalement le bonheur est peut-être à porté de main. On peut aller plus loin: La vie heureuse ne serait-elle dès lors pas une vie sans désirs?

Auteur et Illustrateur : Léo TIMMERS

Traducteur(s) : Etienne Schelstraete, aux éditions Milan, Février 2011.

Leo Timmers est né à Genk en Belgique en 1970. À l’âge de 12 ans, il publie son premier album de bande dessinée et devient par la suite illustrateur et auteur de livres pour enfants. Il a été édité par Magnard et travaille également pour la presse. Il a déjà publié aux éditions Milan Qui conduit ?, Vroum !, Tût tût !, Pin Pon (2006) et Le roi, c’est moi ! (2007).

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